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[ Review d'Album ] Thrash La Reine — Cauchemar dystopique : cinq morceaux, une même histoire

28 sept.
3 min de lecture



Avant d’entrer dans ce Cauchemar dystopique, il faut revenir un peu en arrière. Thrash La Reine fait partie de ces groupes québécois qui ont choisi de faire vivre le métal dans leur propre langue. Formé à Montréal autour de Renaud Baril, Anthony Domm-Bélisle et Guillaume Leblanc, le trio construit son univers depuis près d’une décennie, avec cette volonté de faire du métal en français tout en gardant bien présentes ses racines québécoises.


Après La foi, la loi, la croix en 2019, le groupe poussait cette identité encore plus loin avec Notre-Dame-de-l’Enfer en 2021, un album qui puisait notamment dans les contes et légendes du Québec. Au fil des années et des spectacles, Thrash La Reine a donc développé quelque chose qui lui appartient : une musique qui ne cherche pas seulement à frapper fort, mais qui aime aussi raconter. 


Et c’est justement ce côté narratif qu’on retrouve aujourd’hui sur Cauchemar dystopique.


Cette fois, le décor a changé.


Les vieilles légendes laissent leur place à un monde qui semble tranquillement perdre la tête. Peur, manipulation, isolement, paranoïa, luttes de pouvoir... Thrash La Reine imagine un univers dystopique où les combats ne se déroulent pas seulement à l’extérieur, mais aussi dans notre tête. 


Cinq chansons. Cinq chapitres. 

Et surtout, une histoire qui se tient du début à la fin. 


Cauchemar Dystopique s’ouvre avec Derrière Le Masque, et j’aime particulièrement la manière dont le groupe choisit de nous y faire entrer. Ça commence plus smooth, sans nous garrocher immédiatement dans le mur, puis les riffs embarquent. Ils deviennent rapides, clairs et brutaux, et le morceau change complètement de visage. 




Pour moi, c’est exactement ce qu’il fallait pour ouvrir le EP. 


On entre tranquillement dans le décor, puis Thrash La Reine nous montre les dents. Thrash Royal prend ensuite le relais et, à mesure que les morceaux avancent, quelque chose devient de plus en plus évident : tout s’emboîte. 


C’est probablement ce qui m’a le plus marqué pendant mon écoute. 


Je n’ai jamais vraiment eu l’impression d’écouter cinq chansons simplement placées les unes après les autres. Il y a une continuité dans la structure du EP. Les riffs, les changements de rythme, les paroles et les différentes ambiances donnent plutôt l’impression d’avancer dans une histoire. 


Et ça fait toute la différence. 


Parce qu’un EP conceptuel peut avoir la meilleure histoire du monde sur papier; encore faut-il qu’on puisse la ressentir lorsqu’on appuie sur play. Ici, cette continuité ne vient pas seulement du concept présenté par le groupe. Elle s’entend. 


Au milieu de cette progression, il y en a une qui est ressortie particulièrement pour moi : Ignoble Bourgeoisie(c’est mon coup de cœur du EP).


Et pas uniquement pour un riff particulièrement efficace ou pour quelques paroles qui m’ont accroché. C’est justement la combinaison des deux qui fonctionne pour moi. Les paroles et les riffs semblent avancer ensemble, et le morceau réussit à réunir une bonne partie de ce que j’aime dans Cauchemar Dystopique. 


Mais même avec une favorite, je trouve difficile de complètement détacher une chanson du reste. 

Parce que ce EP fonctionne justement comme un ensemble. 


Et lorsqu’arrive Les Maîtres du Mal, cette impression demeure jusqu’au bout. Pour terminer son histoire, Thrash La Reine ne tombe pas dans le piège d’en faire trop. Ce n’est ni trop smooth pour essayer de créer artificiellement une grande finale émotive, ni complètement garroché dans tous les sens simplement pour finir avec le plus gros bang possible. 


Ça reste dans le thème. 

Ça reste cohérent avec ce qu’on vient d’écouter. 


Et surtout, ça ferme naturellement la porte qui s’était ouverte avec Derrière Le Masque. 

C’est probablement là que Cauchemar Dystopique réussit le mieux son pari. Thrash La Reine voulait raconter un monde en ruine où la peur, la manipulation et les luttes de pouvoir prennent de plus en plus de place, mais où l’espoir n’est jamais complètement disparu. 


Et après les cinq morceaux, ce n’est pas seulement l’histoire racontée dans les paroles que je retiens. C’est la façon dont tout a été construit pour avancer ensemble. 


Du début plus posé de Derrière le masque jusqu’aux dernières minutes de Les Maîtres du Mal, j’ai eu l’impression qu’on me racontait quelque chose plutôt que de simplement me faire écouter une succession de chansons. 


Cauchemar Dystopique n’est donc pas, à mes oreilles, cinq morceaux réunis sous le même titre. 

C’est cinq morceaux qui avaient besoin les uns des autres pour raconter la même histoire.


Crédit: Facebook
Crédit: Facebook

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Sacha Gonthier – Éloquence Art

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