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[ Concert ] La tournée Decibel Magazine tour termine sa route à Montréal

J’attendais vraiment cette date du Decibel Magazine Tour depuis son annonce. Une soirée qui réunissait Cryptopsy, Necrot et Spirit Adrift pour le tout dernier arrêt d’une longue tournée nord-américaine. Il y avait quelque chose de spécial à voir cette tournée se terminer à Montréal, surtout avec Cryptopsy qui revenait à la maison pour finir ça devant une salle remplie. On sentait rapidement que ce ne serait pas juste un autre show de fin de tournée.


J’ai aussi eu la chance de m’entretenir récemment avec Matt McGachy pour discuter de cette tournée, des 30 ans de None So Vile, du nouveau matériel du groupe et de plusieurs autres sujets. Si vous avez manqué l’entrevue, ça vaut vraiment le détour avant de plonger dans cette chronique. Parce qu’honnêtement, entendre Matt parler de Cryptopsy avec autant de passion donne encore plus de poids à ce qu’on voit ensuite sur scène.


Pour une première visite à Montréal, Blood Monolith n’a vraiment pas perdu de temps avant de transformer le Théâtre Fairmount en mur de violence sonore. Pas de long speech, pas de tentative de réchauffer la foule artificiellement, juste du death metal rapide, pesant et envoyé directement dans le visage du public. Honnêtement, ça faisait du bien de voir un groupe simplement débarquer et tout casser sans niaisage. Concept révolutionnaire en 2026 apparemment.


La drummeuse était particulièrement impressionnante. Chaque coup semblait frapper plus fort que le précédent et donnait une lourdeur supplémentaire aux riffs déjà bien graisseux du groupe. Tout sonnait agressif, compact et parfaitement calibré pour faire brasser la salle dès les premières minutes.Même sans énormément d’interactions avec la foule, Blood Monolith a réussi à capter l’attention du Fairmount immédiatement. Une première présence montréalaise courte, intense et franchement efficace pour lancer la soirée.


Blood Monolith




Spirit Adrift arrivait dans une position quand même particulière. Remplacer Fulci dans une soirée aussi axée death metal, puis en plus jouer leur dernier show avant de mettre fin au projet… ça donnait automatiquement une ambiance différente.


Leur doom metal oldschool, lourd mais super mélodique, venait casser le rythme de la soirée de la meilleure façon possible. À certains moments, ça m’a vraiment rappelé High on Fire avec ces riffs massifs qui restent coincés dans la tête longtemps après la chanson.

La foule a embarqué tout de suite, mais on sentait aussi qu’il y avait quelque chose de plus émotif autour du band. Sachant que c’était la fin, chaque chanson semblait avoir un impact de plus qu’à l’habitude. Le groupe allait piger un peu partout dans son catalogue, autant dans les vieux morceaux que sur leur dernier album sorti il y a quelques semaines, et honnêtement ça donnait l’impression d’un vrai dernier tour de piste plutôt qu’un simple show de tournée.


Le trio a été solide du début à la fin. Pas besoin de gros discours ou d’artifices quand les tounes parlent autant d’elles-mêmes. Je ne m’attendais pas nécessairement à ressortir avec eux comme coup de cœur de la soirée, mais finalement c’est probablement le band qui m’a le plus marqué. Parce qu’évidemment, il faut toujours que le groupe qui décide de mourir livre un de ses meilleurs shows. Très belle habitude du métal, ça.


Spirit Adrift




Necrot nous replonge ensuite directement dans un death metal oldschool sale, rapide et extrêmement puissant. Encore une fois, seulement trois musiciens sur scène, mais le son était massif du début à la fin. Le trio d’Oakland n’était clairement pas là pour niaiser. Les riffs frappaient fort, le rythme ne ralentissait presque jamais, puis les solos arrivaient toujours au bon moment pour venir donner encore plus d’impact aux pièces. La foule a embarqué rapidement et ça brassait solide dans la salle, avec même un peu de bodysurfing pendant le set. L’énergie entre le groupe et le public était constante tout au long de la performance.J’ai particulièrement aimé le fait qu’ils aillent chercher des chansons datant d’environ 15 ans, jusque dans leurs premières démos. Ça donnait au set une belle profondeur et ça faisait plaisir d’entendre du vieux matériel ressortir en live.Mon gros moment du spectacle reste Drill the Skull. Cette chanson-là vient chercher exactement ce que j’aime dans le death metal. Le mélange entre les riffs, le groove et l’intensité fonctionne parfaitement et la réaction de la foule pendant cette pièce était complètement folle.


Necrot




Maintenant, place à Cryptopsy. Le groupe entre sur un mash-up de For Whom the Bell Tolls et Peace Sells, une intro parfaite pour faire monter la tension avant même la première note. J’étais surtout vraiment content de voir le Théâtre Fairmount rempli pour accueillir le groupe à la maison et terminer cette tournée devant son public. On sentait rapidement que ce ne serait pas juste un autre arrêt de tournée pour eux. Il y avait quelque chose de spécial dans l’ambiance de la salle. Cette tournée célèbre les 30 ans du mythique None So Vile et le groupe nous balance plusieurs pièces de cet album culte pendant la soirée. On a aussi droit à une chanson de Blasphemy Made Flesh ainsi qu’à des morceaux plus récents tirés de leur album sorti en 2025. J’ai vraiment aimé le fait que le set traverse autant les différentes époques du groupe sans jamais casser le rythme. 

Puis honnêtement… quel line-up. Oli Pinard est complètement hallucinant à la basse, Chris Donaldson joue avec une précision ridicule tout en gardant une intensité constante, et Flo Mounier reste une véritable machine derrière le drum. Chaque fois que je le vois jouer, ça me rappelle à quel point ce gars-là est dans une classe à part. 


Et évidemment, Matt McGachy domine complètement la scène. Charismatique, intense, toujours en mouvement, il garde constamment le contrôle de la foule. Pour moi, c’est facilement un des meilleurs frontmen et vocaliste de la scène métal actuelle. Cette version de Cryptopsy est probablement la plus solide que j’ai vue jusqu’à maintenant. 

Un autre élément qui m’a vraiment marqué pendant le set, c’est leur nouvel habillage de scène. Les deux écrans LED de chaque côté projetaient des images différentes selon les chansons et honnêtement, ça ajoutait énormément à l’expérience. On voit que le groupe a voulu pousser l’aspect visuel spécialement pour cette tournée et le résultat est vraiment impeccable. Ça donne un côté beaucoup plus théâtral à certaines pièces. Juste assez pour rendre l’atmosphère encore plus intense. 


La foule réagit super bien tout au long du spectacle. Matt pousse le pit, encourage le crowdsurfing et réussit à garder l’énergie au maximum du début à la fin. Musicalement, Cryptopsy continue de repousser les limites de la brutalité et de la technicalité. À un moment, tu te demandes presque comment ils peuvent encore aller plus loin… puis ils le font pareil. 

Vers la fin du set, Phobophile devient facilement un des gros moments de la soirée pour moi. La réaction de la foule était instantanée. Puis le groupe termine avec Malicious Needs, tirée de An Insatiable Violence, une chanson qui frappe incroyablement fort en live. 


Je pensais honnêtement qu’on aurait peut-être droit à un petit cameo de Lord Worm pour souligner les 30 ans de None So Vile, mais ce sera pour une autre fois. L’espoir fait vivre les fans de métal depuis des décennies de toute façon. Je ne me tanne jamais de voir ces vétérans de la scène locale jouer. Même après toutes ces années, ils montent encore sur scène avec une intensité que plusieurs groupes plus jeunes essaient encore d’atteindre.


Crytopsy




Au final, cette soirée du Decibel Magazine Tour valait largement la route jusqu’à Montréal. Chaque groupe a réussi à apporter quelque chose de différent et honnêtement, je suis ressorti de là complètement satisfait et encore un peu sonné par tout ce qu’on venait de recevoir dans la face pendant plusieurs heures.


Maintenant, pas vraiment le temps de récupérer parce qu’il faut déjà reprendre la route pour aller affronter Napalm Death à Québec ce soir. La fatigue est temporaire, les acouphènes probablement un peu moins.



Texte par Thierry Mercier






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