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[ Concert ] Une soirée de grind et de lourdeur avec Napalm Death à Québec


Après Cryptopsy hier soir à Montréal, direction Québec pour enfin voir Napalm Death en spectacle après plusieurs années à attendre le bon moment. La Salle Montaigne était presque pleine pour accueillir Napalm Death, Pig Destroyer et Primitive Man, et l’ambiance dans la salle annonçait déjà une autre grosse soirée pour commencer le week-end comme il faut.


Primitive Man débarque avec un style qui ne plaira clairement pas à tout le monde. Le groupe mélange doom, funeral doom et quelques touches plus black par moments, le tout accompagné d’un vocal death particulièrement caverneux. Devant une Salle Montaigne déjà presque pleine, leur musique prend son temps pour s’installer et écraser tranquillement la salle avec son atmosphère lourde et lente. Honnêtement, j’ai eu l’impression d’assister à une seule longue pièce d’environ 45 minutes avec quelques transitions ici et là, et malgré ça, j’ai vraiment embarqué dans leur univers.



Les vétérans du grindcore de Virginie Pig Destroyer ont complètement changé l’énergie de la salle dès leur arrivée sur scène. La foule embarque immédiatement et suit sans problème l’intensité du groupe, particulièrement celle d’Alex Cha au noise sampling et aux back vocals. Honnêtement, j’ai rarement vu quelqu’un headbanger avec autant de violence. Même Corpsegrinder aurait presque l’air calme à côté de lui, ce qui est quand même une phrase absurde à écrire dans une vie normale.


C’est rapide, gras, chaotique par moments avec une petite touche noise bien placée, mais ce qui m’a surtout surpris, c’est à quel point plusieurs sections étaient groovy. La foule répond super bien, plusieurs personnes chantent les paroles et le pit ne ralentit pratiquement jamais pendant le set.



Pionniers du grindcore britannique, Napalm Death débarque avec son mélange de grind, de crust punk et de touches plus death metal bien assumées. Dès son arrivée sur scène, Barney explose littéralement dans tous les sens, courant partout sans arrêt pendant que la foule suit immédiatement le rythme. L’énergie brute de ce groupe reste franchement impressionnante, surtout pour un band avec autant d’années derrière la cravate et probablement quelques vertèbres sacrifiées au nom du blast beat. Le groupe pige un peu partout dans son immense catalogue, passant du vieux matériel aux albums plus récents sans perdre l’intensité une seule seconde. Shane Embury est absent ce soir, remplacé à la basse pour quelques dates, mais on nous mentionne qu’il sera de retour avec le groupe sous peu.



Petit moment assez drôle durant le set lorsque Barney Greenway nous présente “Amoral” comme étant l’équilibre parfait entre la beauté musicale et Napalm Death, deux choses qui existent normalement à des extrémités complètement opposées du spectre. Honnêtement, il n’avait pas totalement tort puisque la pièce contient effectivement un refrain un peu plus accessible… du moins selon les standards très particuliers de Napalm Death. Même si je vais plus rarement voir des shows de grindcore, celui-ci m’a honnêtement donné envie d’y retourner plus souvent. La réaction de la foule pendant “Suffer The Children” était complètement folle, avec un pit qui semblait perdre le contrôle dès les premières secondes. Napalm Death a terminé la soirée avec un set aussi intense qu’engagé. Au-delà de la violence musicale et de l’énergie sur scène, le groupe reste toujours aussi pertinent dans ses prises de position et ses messages, ce qui frappe encore plus dans le contexte actuel. À une époque où plusieurs préfèrent fermer les yeux ou simplement se taire, voir un groupe continuer à défendre ses idées avec autant de conviction fait franchement du bien.



Bref, difficile de demander mieux pour commencer le week-end. Primitive Man, Pig Destroyer et Napalm Death ont chacun livré quelque chose de complètement différent, mais l’ensemble de la soirée fonctionnait parfaitement du début à la fin. Après deux grosses soirées de suite entre Cryptopsy et ce passage de Napalm Death à Québec, mes tympans risquent probablement de me détester encore quelques jours… et honnêtement, ça valait largement le déplacement.



Texte par Thierry Mercier

Photos par Willo Olsen

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