[ Concert ] Cattle Decapitation célèbre ses 30 ans avec Brujeria, No Cure et Knoll
- Thierry Mercier

- 7 mai
- 3 min de lecture

Pour une troisième fois en quatre jours, je me retrouve encore à la Salle Montaigne. Disons que j’y passe pas mal de temps dernièrement. Cette fois, Cattle Decapitation est de passage pour souligner les 30 ans du groupe avec une tournée particulièrement intéressante, accompagné de Knoll, No Cure et Brujeria. Une affiche assez éclatée, mais qui fonctionne étonnamment bien une fois rendue sur scène.
Pour bien décoller la soirée, Knoll nous accueille dans une ambiance complètement à part. La scène est plongée dans une lumière tamisée, éclairée par plusieurs petites lampes qui donnent presque un côté intime… ou inquiétant, dépendamment de ton seuil de tolérance au malaise.
Musicalement, c’est un mélange difficile à mettre en mots. On oscille entre le grindcore, le death metal et une bonne dose de noise qui vient brouiller les repères. Pas le genre de set que tu analyses, le genre que tu subis un peu… mais dans le bon sens.
Aucune vraie interaction avec la foule, et les gars bougent peu sur scène, probablement coincés par le manque d’espace. Mais honnêtement, ça ne change rien. L’intensité est là du début à la fin, presque étouffante par moments.
Il y a quelque chose de franchement étrange dans l’atmosphère qu’ils créent, un côté un peu “spooky” qui te garde accroché même quand t’essaies de comprendre ce que t’es en train d’entendre. Pas exactement mon genre de band mais la foule semble apprécier malgré un léger sentiment de questionnement sur ce qui vient de se passer.
C’est au tour de No Cure de débarquer, et le ton change assez vite. On tombe dans un mélange hardcore et death metal vraiment efficace, le genre de son qui frappe excessivement fort.
L’entrée sur Mr. Crowley de Ozzy Osbourne met la table solide, pis dès que ça part, le circle pit embarque instantanément.
Les riffs sont lourds, groovy, parfaits pour envoyer des two steps comme il faut. C’est pesant, direct, pis ça fonctionne. Première visite à Québec pour eux, mais clairement, y’en a dans la salle qui les attendaient: certaines paroles sont déjà reprises dans la foule, ce qui donne encore plus d’énergie au set.
Ils présentent aussi une nouvelle pièce, Convulsing in the Dark(si je ne me trompe pas), qui passe super bien live. Mais le gros moment reste Hang Me from the Bible Belt, carrément rentre-dedans.
Gros plus aussi pour les back vocals du drummer et du bassiste, qui viennent épaissir le tout sans jamais voler la place au vocal principal.
Après huit ans sans passer dans le coin, Brujeria revient enfin, et ça frappe fort dès le départ.
Ils arrivent avec leurs bandeaux au visage, fidèles à leur image, et l’agressivité est immédiate. Pas de niaisage, pas de build up inutile, ça rentre dedans solide. C’est brut, direct, exactement ce que je voulais… même un peu plus.
Avec toutes ces années derrière eux, ils se promènent dans leur répertoire avec une aisance impressionnante. Tout est tight, calculé, et la foule embarque complètement. Ça bouge, ça répond, ça vit le set à fond.
En plein milieu, ils prennent un moment pour rendre hommage aux deux membres disparus récemment. Ça casse le rythme juste assez pour que ça frappe autrement, avant de repartir de plus belle.
J’avais des attentes, mais je ne pensais pas embarquer autant. Grosse surprise pour moi, et clairement un excellent ajout sur ce line-up.
La dernière fois que j’avais vu Cattle Decapitation, c’était en 2015 à L’Anti. Donc oui, j’étais pas mal content de les revoir. Le départ est solide, ça frappe tout de suite, et rapidement, tout le monde est embarqué. Le vocal de Travis Ryan est vraiment impressionnant. Sa technique est sur la coche, et en live, ça ressort encore plus.
Le groupe sonne exactement comme sur album, ce qui est assez fou considérant le niveau technique. Aucune longueur, aucune baisse d’énergie, juste des tounes efficaces une après l’autre. Et même avec cette précision-là, ça reste vivant. Les gars ont l’air d’avoir du fun sur scène, ils échangent entre eux, ça paraît qu’ils sont dedans.
Le son est encore une fois excellent à la Salle Montaigne, ce qui aide énormément à apprécier chaque détail. La fin arrive avec A Living, Breathing Piece of Defecating Meat et Forced Gender Reassignment, deux de mes moments préférés du set. Une finale qui livre exactement ce que je voulais.
Clairement un band à voir en live, juste pour être témoin de ce vocal-là.
En sortant de la Salle Montaigne, j’avais surtout l’impression d’avoir assisté à un line-up vraiment bien pensé, malgré les styles très différents. Chaque band avait sa propre personnalité, et honnêtement, je ne vois pas grand-chose que j’aurais changé à cette soirée-là. Une autre très bonne soirée passée dans cette salle décidément difficile à quitter ces temps-ci.
Texte par Thierry Mercier
Photos par Akame Strawberry






















































































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