[ Chronique ] Petit Brabancon - entre précision, tension… et instinct
- Sach Gonthier

- 6 mai
- 2 min de lecture

Petit Brabancon n’est pas le genre de projet qu’on comprend simplement en regardant les noms qui le composent.
Oui, sur papier, c’est un super groupe.
On parle ici de Kyo(DIR EN GREY, Sukekiyo), de Yukihiro(L’Arc-en-Ciel, ACID ANDROID), de Miya(MUCC), de Antz(Tokyo Shoegazer) et de Hiroshi(The Novembers).
Des musiciens qui ont chacun déjà marqué leur scène. Mais une fois la musique lancée, ce poids-là disparaît assez vite. Ce qui reste, c’est autre chose.
À l’origine du projet, on retrouve une idée assez simple : celle de Kyo, qui souhaitait collaborer avec Yukihiro depuis plusieurs années. Mais, loin de vouloir créer un simple duo, les deux musiciens ont rapidement cherché à construire quelque chose de plus complet. Le reste de la formation s’est bâti progressivement, presque naturellement, autour de cette vision commune.
Miya est approché pour son approche de la composition, jugée essentielle pour donner une direction au projet. Puis, viennent s’ajouter Hiroshi et Antz, complétant un line-up qui, sans être prévu d’avance, trouve rapidement son équilibre.
Même le nom du groupe ne sort pas d’une logique classique. Petit Brabançon: une référence à une race de chien, petite, mais connue pour son tempérament vif et bruyant.
Une image qui colle étonnamment bien à ce que le groupe dégage. Dès leurs premières apparitions en 2021, notamment lors du Danger Crue au Nippon Budokan, le projet intrigue.
Les membres ne sont révélés que plus tard, renforçant cette idée d’un groupe qui ne cherche pas à se présenter de manière conventionnelle. Musicalement, Petit Brabancon avance sans chercher à rester dans une zone précise. On sent autant le rock alternatif que le punk, avec des textures plus expérimentales qui viennent ajouter une tension constante.
Par moments, ça frôle quelque chose de presque industriel. Des nappes de synthé viennent se poser sur des riffs lourds, créant une atmosphère froide, mais chargée.
Depuis Fetish(2022), en passant par Automata et Seven Garbage Born of Hatred(2024), le groupe évolue sans rupture nette. Pas de virage brusque.
Juste une progression qui se fait au fil des sorties, comme si l’identité se construisait en temps réel.
Et Haunted House, sorti le 22 avril, s’inscrit exactement dans cette logique. Composé par Yukihiro et porté par les paroles de Kyo, le morceau ne donne pas l’impression d’être un retour calculé.
C’est plus une suite. Une pièce qui s’ajoute à un univers déjà en mouvement.
Le fait que la chanson ait été présentée en live avant même sa sortie renforce encore cette idée.
Chez Petit Brabancon, la musique ne naît pas seulement en studio. Elle passe par la scène, par le moment, par l’énergie.
Conclusion
Petit Brabancon ne cherche pas à se définir rapidement. C’est un projet qui avance, qui teste, qui évolue. Entre précision musicale, tension constante et une approche presque instinctive, le groupe construit quelque chose à part.
Et avec Haunted House, cette trajectoire continue, sans compromis, sans détour.
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Chronique par Sacha Gonthier




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